Se protéger & partir
Que dit la loi
Les démarches légales ne sont pas une fin en soi : elles servent à vous protéger, et à faire exister par écrit ce que vous subissez. Cette page les rassemble, de la plainte au dispositif de protection, avec les contacts qui répondent dans l’Hérault.
Les démarches
Porter plainte
Les services de police et de gendarmerie de l’Hérault enregistrent votre plainte. C’est un acte important pour être reconnue comme victime et ainsi mieux protégée. Vous pouvez contacter le 17 (appel gratuit 7j/7 et 24h/24), ou consulter un(e) intervenant(e) social(e) du Département sur place.
Maisons de la justice et du droit (MJD)
Des lieux d’accueil, d’écoute et d’accès au droit. Il en existe 5 dans l’Hérault : Montpellier, Lattes, Lunel, Agde et Lodève. Retrouvez leurs coordonnées et horaires sur violences.herault.fr.
L’association « L’avocat et la violence »
Permanence téléphonique joignable au 07 80 47 59 77 du lundi au vendredi de 9h à 18h. barreau-montpellier.com
France Victimes 34
Association de juristes et psychologues spécialisés dans l’accompagnement gratuit des victimes d’infractions pénales. Joignable au 04 67 60 61 78.
Permanence « Intrafamiliale » du Barreau de Béziers
Permanence téléphonique d’avocats joignable au 04 67 28 32 86, 7j/7 et 24h/24. barreau-beziers-avocats.fr
Après la plainte
Reconnaître les stratégies des agresseurs dans une procédure judiciaire
Les auteurs de violences conjugales ont souvent recours à des stratégies visant à discréditer leurs victimes et utilisent parfois le système judiciaire pour prolonger leur emprise. Cependant, les autorités commencent à reconnaître ces techniques manipulatrices.
Le harcèlement post-séparation : toutes les formes que prend le contrôle après le départ
La stratégie des agresseurs : « DARVO »
Une méthode courante utilisée par les agresseurs est le « DARVO » (acronyme anglais pour Deny, Attack, and Reverse Victim and Offender), qui consiste à nier les faits, attaquer la victime et inverser les rôles de victime et d’agresseur. Cette stratégie se déploie souvent avec l’aide d’alliés de l’agresseur, qui peuvent avoir été manipulés pour prendre sa défense.
L’agresseur nie l’existence des violences, discrédite toute personne qui les dénonce et se positionne lui-même en tant que victime de la situation. Ce comportement peut se manifester tant en privé que dans le cadre de procédures judiciaires.
1. Nier les violences
Les études montrent que les fausses accusations de violences conjugales par les femmes sont extrêmement rares. Pourtant, les agresseurs prétendent souvent que les accusations portées contre eux sont infondées, avec des justifications telles que :
- « Elle ment pour obtenir la garde exclusive des enfants. »
- « Elle ment pour des raisons financières. »
- « Elle ment par vengeance. »
- « Elle ment pour obtenir des papiers d’immigration. »
- « Elle est folle ou souffre d’un trouble mental. »
Ces affirmations sont systématiquement démenties par les experts en violences conjugales, mais elles sont fréquemment utilisées pour tenter de manipuler le système judiciaire.
Que faire ?
- Faites confiance à vos souvenirs : notez rapidement les détails des violences et les comportements de l’agresseur.
- Collectez des preuves : réunissez le plus de preuves et de témoins possible pour soutenir vos accusations.
2. Attaquer les témoins et dénonciateurs
Les agresseurs cherchent souvent à discréditer et intimider non seulement la victime, mais aussi ses témoins. Ces stratégies incluent :
- propager des informations fausses et nuisibles sur la victime ou ses témoins ;
- accuser la victime de toxicomanie ou de troubles mentaux graves ;
- utiliser des arguments liés à la santé mentale de la victime pour la décrire comme un parent inapte ;
- engager des procédures judiciaires abusives pour harceler la victime ;
- commettre des délits au nom de la victime.
Que faire ?
- Prenez conscience que vous êtes face à des violences post-séparation et cherchez du soutien.
- Ne vous laissez pas envahir par la culpabilité ou la honte ; c’est l’agresseur qui est responsable, pas vous.
- Identifiez les preuves à votre disposition pour réfuter toute fausse accusation.
3. Inverser les rôles de victime et d’agresseur
Les recherches montrent que les femmes n’adoptent généralement pas de comportements violents, sauf en réponse à un contrôle coercitif ou à la violence. Cependant, les agresseurs font parfois de fausses accusations contre leurs victimes, les désignant comme violentes. Les stratégies incluent souvent :
- faire de fausses déclarations auprès des autorités ou des services de protection de l’enfance ;
- accuser la victime d’aliénation parentale pour avoir protégé les enfants ;
- se faire passer pour la victime et accuser la femme de comportements violents.
Que faire ?
- Ne vous laissez pas envahir par la culpabilité ou la honte. L’agresseur est celui qui doit être blâmé, pas vous.
- Ne cédez pas à l’anxiété. Les autorités sont tenues de mener des enquêtes sur chaque accusation et commencent à comprendre ces tactiques manipulatrices.
- Réfléchissez aux preuves que vous pouvez apporter pour contrer les fausses accusations et pour démontrer la violence que vous avez subie.
Sans passer par le commissariat
Signaler, et à qui parler à Montpellier
Signaler n’est pas porter plainte : c’est faire savoir à une autorité ce que vous subissez, sans engager de procédure. Cela peut se faire en ligne, à toute heure, et cela ouvre souvent la porte à un accompagnement.
Le signalement en ligne
Un dialogue avec un policier ou un gendarme formé, 24h/24, anonyme si vous le souhaitez, sans dépôt de plainte : arretonslesviolences.gouv.fr. Pour un signalement écrit : service-public.gouv.fr/cmi.
La psychologue en commissariat
Une psychologue reçoit au commissariat de Montpellier, sur rendez-vous, que vous ayez porté plainte ou non : 04 99 13 50 36 ou 06 62 90 48 16, du lundi au vendredi de 8h à 17h.
L’intervenante sociale en commissariat
Elle fait le lien avec les services sociaux, le logement et les associations : 06 74 94 49 73, du lundi au jeudi.
Le bureau d’aide aux victimes
Pour une question sur votre dossier ou sur la suite donnée à une plainte : dipn34-montpellier-slpj-aide-victimes@interieur.gouv.fr.
Les juristes de France Victimes 34
Pour comprendre une procédure, vos droits et vos recours, gratuitement : juristes@france-victimes-34.fr, de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h30.
Coordonnées relevées en octobre 2026. L’annuaire complet des structures de Montpellier.
Une option méconnue
Vous n’êtes pas obligée d’être celle qui part
On présente souvent le départ comme la seule issue : la femme s’en va, avec les enfants et deux valises, et l’homme garde le logement. Le droit permet l’inverse, et c’est parfois la solution la plus protectrice : les enfants ne changent pas d’école, vous ne perdez pas vos repères, et ce n’est pas vous qui payez le prix de sa violence.
L’ordonnance de protection
Demandée au juge aux affaires familiales, elle peut lui interdire d’entrer en contact avec vous et de paraître près de chez vous, et vous attribuer la jouissance du logement, y compris lorsque le bail est à son nom, ou que le logement lui appartient.
L’éviction décidée au pénal
Lorsqu’une procédure pénale est ouverte, le procureur ou le juge peuvent imposer à l’auteur de quitter le domicile et de ne pas y revenir, dans le cadre d’un contrôle judiciaire ou d’une condamnation.
Faire changer les serrures
Une fois la décision rendue, vous pouvez faire changer la serrure. Conservez la décision de justice sur vous et donnez-en une copie à l’école, à votre employeur et au commissariat de votre quartier.
Ce que cela demande
Une demande écrite au juge, et des éléments rendant les violences vraisemblables : plainte, certificat médical, attestations, messages, journal daté. Comment réunir ces éléments.
Je ne suis pas juriste : ces informations servent à vous dire qu’une démarche existe, pas à remplacer un avocat. L’aide juridictionnelle peut la prendre en charge, et plusieurs permanences d’avocats de l’Hérault répondent gratuitement. Voir les contacts.
Ce qui existe
Les dispositifs de protection
Il existe des mesures spécifiquement conçues pour la période de la séparation. Elles ne sont pas automatiques : elles se demandent. Et on peut les demander avant que le pire arrive, c’est même tout leur intérêt.
L’ordonnance de protection
C’est une décision du juge aux affaires familiales, rendue en quelques jours, qui ne suppose pas de condamnation pénale ni même de plainte : il suffit que les violences apparaissent vraisemblables et que vous sembliez en danger.
Elle peut notamment :
- lui interdire d’entrer en contact avec vous ;
- lui interdire de paraître à certains endroits ;
- vous attribuer la jouissance du logement, même si le bail est à son nom ;
- statuer sur l’autorité parentale et les droits de visite ;
- lui interdire de détenir une arme et l’obliger à la remettre ;
- autoriser la dissimulation de votre adresse.
Comment faire ?
Par une requête au juge aux affaires familiales, avec l’aide d’un avocat : l’aide juridictionnelle peut le prendre en charge. Une association ou une permanence d’avocats vous aidera à monter le dossier. Voir les contacts dans l’Hérault.
L’ordonnance provisoire de protection immédiate
Créée par la loi du 13 juin 2024, elle comble le délai d’attente de l’ordonnance de protection : lorsqu’une demande d’ordonnance de protection est déposée et que le procureur la sollicite avec votre accord, le juge peut statuer dans les 24 heures, au vu des seuls éléments de la requête.
Les mesures possibles sont alors plus limitées, et visent la sécurité immédiate : interdiction de contact, interdiction de paraître, interdiction de détenir une arme, suspension du droit de visite et d’hébergement.
À savoir
Vous ne la demandez pas directement : elle passe par le procureur. C’est une raison de plus de signaler votre situation aux forces de l’ordre plutôt que de rester dans le silence.
Le téléphone grave danger
Un téléphone dédié, remis par le procureur de la République pour une durée de six mois renouvelable, avec votre accord. Une touche d’appel permet de joindre directement une plateforme qui déclenche l’intervention des forces de l’ordre, en sachant où vous êtes.
Il est attribué quand le danger est jugé grave et que l’auteur fait l’objet d’une interdiction de contact. Plusieurs milliers sont en service en France.
Comment faire ?
La demande se fait auprès du procureur, le plus souvent par l’intermédiaire d’une association d’aide aux victimes, de votre avocat, ou du service qui a reçu votre plainte.
Le bracelet anti-rapprochement
Un dispositif électronique porté par l’auteur, qui déclenche une alerte s’il s’approche de vous à moins d’une certaine distance : vous êtes prévenue, et les forces de l’ordre interviennent. Il peut être décidé au pénal comme dans le cadre d’une ordonnance de protection.
Il suppose votre consentement, car il implique que vous soyez vous-même géolocalisée.
La plainte et le signalement
Ce ne sont pas la même chose, et la confusion coûte cher :
- La plainte déclenche une enquête. C’est elle qui permet des poursuites et, souvent, les mesures de protection.
- La main courante ne doit plus vous être proposée en matière de violences conjugales : les services de police et de gendarmerie ont pour instruction d’enregistrer une plainte. Si on vous en propose une, dites que vous souhaitez déposer plainte.
- Un signalement peut être fait par un tiers : médecin, école, voisin, association.
Vous pouvez déposer plainte même longtemps après les faits, même sans trace physique, même si vous êtes encore au domicile. Et vous pouvez vous faire accompagner : personne ne vous oblige à y aller seule.
Pour aller plus loin
État du droit au 13 octobre 2026. Je ne suis pas juriste : ces informations servent à vous indiquer qu’une démarche existe et vers qui vous tourner, pas à remplacer l’avis d’un avocat. Voir les contacts.
Pour aller plus loin
Et ensuite ?
Séparation et danger
Pourquoi la période de séparation est la plus dangereuse, et les signaux de danger grave.
Le harcèlement post-séparation
Quand le contrôle continue après le départ, y compris par les procédures.
Les papiers et les preuves
Ce qu'il faut réunir, et la différence entre un papier à emporter et une preuve à mettre à l'abri.
L'accès au droit à Montpellier
Les permanences d'avocats, les juristes et les lieux d'accès au droit.
État du droit au 15 octobre 2026. Je ne suis pas juriste : ces informations servent à vous indiquer qu'une démarche existe et vers qui vous tourner, pas à remplacer l'avis d'un avocat.
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Je suis thérapeute spécialisée dans l’accompagnement des femmes victimes de violences conjugales, de l’emprise et de leurs conséquences psychologiques.
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