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Comprendre ce que je vis

Les pervers narcissiques

Il existe autant de femmes que d’hommes pervers narcissiques, mais les hommes profitent en plus du pouvoir associé au sexe, ce qui peut rendre leur violence plus destructrice. Ce sont ces personnes qui peuvent mettre leur partenaire sous emprise.

Ce qui les distingue des autres profils

Un contrôle émotionnel et une bonne image sociale

Les pervers narcissiques ont un meilleur contrôle émotionnel que les personnalités limites ou les psychopathes. Ils sont également beaucoup plus manipulateurs et très adaptés socialement : comme ils aiment le pouvoir et possèdent des stratégies pour parvenir à leurs fins, ils peuvent accéder facilement à des postes-clés.

Lorsqu’ils y arrivent, ils se posent volontiers en donneurs de leçons, tout en n’hésitant pas eux-mêmes à s’arranger avec la morale pour parvenir à leurs fins.

Pour se maintenir dans la toute-puissance, ils doivent en permanence mentir, manipuler et fonctionner dans l’imposture. Ils savent adopter un discours socialement ou politiquement correct pour mieux intriguer, tromper leur entourage et parvenir à leurs fins.

Dans la vie quotidienne

Le fonctionnement relationnel du pervers narcissique

Ces personnes immatures et égocentriques ont instinctivement un comportement manipulateur, jouant délibérément avec les émotions des autres pour obtenir quelque chose d’eux et mieux les exploiter.

Toute erreur ou toute maladresse de l’autre peut être interprétée comme provenant d’une intention maligne : l’autre est forcément mauvais.

Leur violence est insidieuse, cachée et continue. Elle joue sur les émotions par de petites attaques verbales : ironie, sarcasmes, moqueries. Les pervers narcissiques sont particulièrement inventifs dans leurs insultes et savent toucher le point faible de l’autre, parce qu’ils repèrent intuitivement ses fragilités éventuelles.

Avec eux, une discussion portant sur la relation est difficile, voire impossible, car ils sont insensibles aux émotions et ne se rendent pas compte (ou ne prennent pas en compte) la violence psychologique exercée sur leur partenaire.

Lorsque la partenaire parle de son ressenti face à une certaine attitude, il peut répondre : « Je ne vois pas de quoi tu veux parler ! » Si elle insiste sur sa souffrance, apparaissent d’abord de l’agacement, puis des remarques cinglantes, et enfin une agressivité détournée sur des objets.

Le refus de satisfaire les besoins affectifs du partenaire ne correspond pas simplement à un manque d’amour ou de tendresse, mais à un désintérêt pour l’autre, qui n’existe pas réellement comme sujet autonome et n’est pris en considération que lorsqu’il est utile.

Ce qui change tout

Une violence instrumentale, permanente et contrôlée

La violence des pervers n’est absolument pas impulsive. Elle est au contraire instrumentale, dirigée vers un but précis. Elle n’est pas cyclique mais permanente, et il ne faut attendre d’eux ni demande de réconciliation, ni excuses.

Ils sont calmes et froids, et semblent toujours contrôler la situation. Leur comportement n’est pas inconscient, compulsif ou hors de leur maîtrise : ils agissent pour obtenir quelque chose de l’autre. Ils justifient ensuite leurs actes en considérant qu’ils ont été obligés d’agir ainsi à cause de l’autre.

Contrairement aux états limites qui peuvent déprimer, les pervers narcissiques vivent dans l’évitement constant de la dépression. La projection de sentiments négatifs sur l’autre leur permet de se décharger d’affects difficiles à supporter, tels que la dépression ou l’angoisse. Cela leur permet de se protéger intérieurement et de se sentir plus solides en mettant à distance ce qui leur fait mal.

Lorsque ce mécanisme fonctionne bien, ils peuvent apparaître tout à fait agréables dans les autres domaines de leur vie, ce qui explique la surprise ou même le déni de l’entourage lorsqu’il apprend les agissements commis envers leur partenaire.

Les témoignages des victimes peuvent paraître peu crédibles parce qu’ils ne correspondent absolument pas à l’image sociale présentée par l’auteur. Si vous avez l’impression de ne pas être crue, ce n’est pas parce que votre récit est flou : c’est parce qu’il contredit ce que votre entourage croit savoir de lui.

Pourquoi vous

L’envie, la prédation et le choix du partenaire

Chez les pervers, c’est l’envie qui guide le choix du partenaire. Ils se nourrissent de l’énergie de ceux qui subissent leur charme.

C’est pour cela qu’ils choisissent souvent leurs victimes parmi des personnes pleines de vie, comme s’ils cherchaient à s’accaparer une partie de leur force. Ils peuvent aussi choisir leur « proie » en fonction des avantages matériels qu’elle peut apporter.

Le partenaire n’existe pas véritablement en tant que personne, mais en fonction de ce qu’il peut apporter ou représenter. Il possède des qualités que le pervers cherche à s’approprier.

Les pervers absorbent l’énergie positive de ceux qui les entourent, s’en nourrissent et peuvent donner l’impression de s’en sentir régénérés, tandis qu’ils projettent sur eux leur propre négativité.

La réussite des autres renforce leur propre sentiment d’échec. Ils ne sont satisfaits ni d’eux-mêmes ni des autres. Ils se plaignent en permanence : rien ne va jamais, tout est compliqué, tout constitue une épreuve. Ils imposent à leurs proches leur vision négative du monde et leur insatisfaction chronique.

Leur monde est divisé entre « bons » et « mauvais ». Parce qu’ils se sentent intérieurement impuissants, ils craignent la toute-puissance qu’ils imaginent chez les autres. Ils leur prêtent alors des intentions malveillantes qui correspondent en réalité à la projection de leur propre malveillance. Leur méfiance peut prendre des formes quasi délirantes.

Ils peuvent paraître passionnés pour une personne, une activité ou une idée, mais de manière superficielle, car ils ignorent les sentiments profonds, en particulier les sentiments de tristesse ou de deuil. Les déceptions peuvent alors entraîner chez eux colère, ressentiment et désir de vengeance, ce qui peut notamment apparaître lors des séparations.

Leur violence s’exprime d’abord de façon sournoise et cachée, et peut devenir manifeste lorsqu’un événement extérieur vient fragiliser leur narcissisme.

Ils sont décrits comme des prédateurs dont la dangerosité réside notamment dans leur capacité à détruire la capacité de penser de l’autre. Dans cette dynamique, la femme n’est pas considérée comme une partenaire ou une égale, mais comme une rivale qu’il faut écraser parce qu’ils ne se sentent pas à la hauteur.

Le socle

La personnalité narcissique

La perversion narcissique correspond à l’association d’un fonctionnement narcissique avec un fonctionnement pervers. La personnalité narcissique se caractérise par :

  • un sentiment grandiose de sa propre importance ;
  • une préoccupation importante autour du succès, du pouvoir ou de la réussite ;
  • la conviction d’être spécial et unique ;
  • un besoin excessif d’admiration ;
  • l’impression que tout lui est dû ;
  • l’utilisation des autres dans les relations ;
  • un manque d’empathie ;
  • une tendance à envier les autres ;
  • des attitudes et comportements arrogants.

Lorsqu’il est abandonné ou déçu, l’individu peut donner l’impression d’être triste, mais il s’agit souvent davantage de colère, de ressentiment et d’un désir de revanche que d’une véritable souffrance liée à la perte de l’autre.

Le vide narcissique et le besoin du regard de l’autre

La vie du narcissique consiste à chercher son reflet dans le regard des autres. L’autre n’existe pas réellement comme individu séparé, mais comme un miroir permettant de maintenir une image de soi.

La construction interne repose sur un vide qui oblige l’individu à rechercher constamment une confirmation extérieure de sa valeur. Il cherche à se construire à travers les images que les autres lui renvoient. L’autre devient alors une source permettant de maintenir une illusion d’existence et de cohérence interne.

L’utilisation de l’autre et l’impossibilité d’une relation authentique

Le narcissique, n’ayant pas de substance propre, va chercher à s’appuyer sur l’autre pour obtenir ce qui lui manque. Il cherche à s’approprier l’énergie, les qualités, les passions ou les ressources de l’autre.

Étant incapable d’établir une relation véritablement réciproque, il peut fonctionner dans une logique de domination et de destruction. La souffrance de l’autre, ses doutes et son affaiblissement peuvent devenir des éléments qui renforcent son sentiment de contrôle.

L’autre n’est pas reconnu dans son individualité, mais utilisé comme support de son propre équilibre.

L’absence d’empathie et le rapport aux émotions

Le fonctionnement pervers implique une difficulté à reconnaître la réalité émotionnelle de l’autre. La personne peut apparaître froide, distante ou sans véritable accès aux sentiments profonds. Elle peut ressentir peu de tristesse face à une perte ou à une séparation.

Les émotions peuvent être vécues de manière superficielle, avec des passages rapides entre idéalisation et rejet. Une personne peut être valorisée fortement puis rejetée brutalement sans qu’un événement clairement identifiable ne l’explique.

La dépendance cachée à l’autre

Même si le narcissique donne une image d’autonomie et de toute-puissance, il reste profondément dépendant du regard extérieur. Il ne peut pas réellement se passer d’autrui. Cette dépendance peut se manifester par un besoin de contrôle, une peur de la séparation et une difficulté à accepter l’autonomie de l’autre.

Cependant, cette dépendance est souvent niée et attribuée à l’autre : il peut reprocher à l’autre d’être dépendant alors qu’il refuse de reconnaître son propre besoin d’être soutenu par cette relation.

Le fonctionnement paranoïaque associé

Certains traits paranoïaques peuvent apparaître :

  • une hypertrophie du moi : sentiment de supériorité, orgueil ;
  • une rigidité psychologique : difficulté à reconnaître ses erreurs, intolérance, froideur, difficulté à exprimer des émotions positives ;
  • une méfiance importante : sentiment d’être attaqué, suspicion, jalousie, perception de la malveillance d’autrui.

Les personnalités paranoïaques, en détail

Ce qui rend le départ si difficile

L’emprise et la séparation avec un pervers narcissique

Se séparer d’un pervers narcissique est décrit comme particulièrement difficile parce qu’il faut d’abord sortir de l’emprise dans laquelle le partenaire est « comme englué ».

Il est difficile de le démasquer parce qu’il n’attaque pas nécessairement frontalement : il procède par allusions et sous-entendus.

Une autre difficulté tient à sa capacité à se faire apprécier socialement. Il donne une bonne image de lui-même et peut faire en sorte que son conjoint contribue lui-même à renforcer cette image. Il peut également chercher à démontrer à l’entourage que son partenaire est « mauvais » et qu’il est donc légitime de s’en prendre à lui. Il peut parvenir à se créer des alliés grâce à un discours de dérision et au mépris des valeurs morales.

Lors des séparations, les pervers narcissiques peuvent se présenter comme des victimes abandonnées. Cette posture leur donne un rôle valorisant et peut leur permettre de séduire un nouveau partenaire qui adoptera une position consolatrice.

Ils peuvent également exercer du chantage à l’argent ou aux enfants, ou menacer de révéler des éléments intimes.

Ni médiation conjugale, ni médiation familiale

La perversion narcissique est une contre-indication absolue à une médiation conjugale ou familiale : le médiateur risque d’être utilisé pour détruire davantage le partenaire. C’est la même raison qui fait écarter la thérapie de couple en situation de violences.

Ces personnalités sont décrites comme peu ou pas accessibles aux soins et ne formulant généralement pas de demande thérapeutique. Lorsqu’elles consultent, cela peut être dans un objectif instrumental, par exemple pour se justifier auprès du partenaire ou de la justice, avec un risque de manipulation du thérapeute.

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